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Dans l'immédiat, La Banque postale se présente comme « une banque " comme les autres ", professionnelle, efficace et rentable, et une banque " pas comme les autres ", animée des valeurs postales de proximité et de service au plus grand nombre. » Selon Jean-Paul Bailly, président de La Poste, ce sera « la moins chère des grandes banques à réseau pour les clients moyens et modestes ». Mais elle se fixe également pour objectif la conquête de 110 000 clients patrimoniaux supplémentaires. Ce nouvel acteur, qui n'a pas trouvé mieux depuis le célèbre slogan « Y'a pas marqué La Poste » dans les années quatre-vingt-dix, doit encore peaufiner son positionnement publicitaire. « La Poste sort d'une phase de normalisation, analyse un spécialiste de la communication bancaire. Elle voulait rester discrète pour obtenir son agrément de banque, mais avec son image populaire, ses tarifs avantageux et une bonne campagne, elle aura une puissance de feu colossale. » Cet expert la verrait bien en « antibanque », l'alternative aux banquiers grippe-sous.
Avec ses quelque 17 000 points de contact et 28 millions de clients titulaires d'un Livret A, elle dispose déjà d'une force de frappe considérable, en concurrence frontale avec le Crédit agricole (7 200 guichets et 22 millions de titulaires de compte). La banque verte est d'ailleurs aux avant-postes du combat juridique contre le nouvel entrant auprès de la Commission européenne.